Alassane Ouattara: ce président qui promet de partir… mais ne part jamais | Tournons la Page

2025-07-30

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Alassane Ouattara: ce président qui promet de partir… mais ne part jamais

C’était une promesse. Une ligne rouge. Une déclaration solennelle devant les Ivoiriens et le monde entier. En octobre 2020, alors qu’il briguait un 3ᵉ mandat présidentiel déjà très contesté, le président Alassane Ouattara affirmait :

« Cela suffit comme ça. C’est un sacrifice que je fais pour cette année. Alors, pour 2025, il me serait difficile, même impossible d’être candidat. »

Cinq ans plus tard, ce "sacrifice" prend des airs d’éternité.

 

Ce 29 juillet 2025, à 83 ans, Ouattara annonce sa candidature à un 4ᵉ mandat consécutif à la tête de la Côte d’Ivoire. Dans une déclaration diffusée sur ses canaux officiels, il justifie sa décision par la Constitution et son état de santé :

« Je suis candidat parce que la Constitution m'y autorise, et ma santé me le permet. »

 

De l’impossible au nécessaire ?

 

Le contraste est frappant. En 2020, Ouattara se représentait malgré les critiques, arguant qu’il répondait à un "vide institutionnel" causé par le décès prématuré de son dauphin désigné, Amadou Gon Coulibaly. Mais il promettait que ce troisième mandat serait le dernier.

En 2025, non seulement il se déclare de nouveau candidat, mais il parle désormais de "transmission générationnelle", comme si elle ne pouvait s’opérer qu’à travers sa propre continuité au pouvoir.

 

Une élection sans rivalité

 

Ce quatrième mandat s’annonce sans réel adversaire. Les principaux leaders de l’opposition — Laurent Gbagbo, Tidjane Thiam, Guillaume Soro — sont écartés du scrutin par des décisions judiciaires controversées. Dans ce contexte, le président sortant est pratiquement seul en lice, renforçant les critiques sur un glissement autoritaire sous couvert de légalité constitutionnelle.

 

Entre mémoire et oubli politique

 

Ce quatrième mandat, s’il est validé par les urnes en octobre, prolongera un règne débuté en 2010. Quinze ans de pouvoir, et une trajectoire qui semble ignorer les limites qu’il s’était lui-même fixées. Ouattara, hier figure de la rupture, devient aujourd’hui le garant d’une continuité sans horizon clair de succession.