Guinée : l’ONU dénonce l’inaction face aux enlèvements et disparitions forcées | Tournons la Page

2025-06-25

Actualité

Guinée : l’ONU dénonce l’inaction face aux enlèvements et disparitions forcées

Dans une communication rendue publique ce mardi 24 juin 2025, la Rapporteuse spéciale des Nations Unies sur la situation des défenseurs et défenseuses des droits humains, Mary Lawlor, accompagnée d’autres experts onusiens, tire la sonnette d’alarme sur de graves allégations d’enlèvements, de disparitions forcées et de tortures visant des militants guinéens des droits humains.

Les experts reviennent notamment sur le cas d’Abdoul Sacko, coordinateur national du Forum des Forces Sociales de Guinée, victime présumée d’enlèvement et de torture. Ils évoquent également la situation très préoccupante de nos militants; Oumar Sylla, connu sous le nom de Foniké Menguè (coordonnateur national du Front National pour la Défense de la Constitution - FNDC), et Mamadou Billo Bah (coordonnateur de Tournons La Page Guinée); qui ont été enlevés le 9 juillet 2024 à Conakry.

 

La communication avait été transmise au gouvernement guinéen le 23 avril 2025, dans le cadre de la procédure confidentielle habituelle de 60 jours permettant aux autorités de répondre aux préoccupations exprimées. Mais ce délai s’est écoulé sans réaction officielle du régime de Mamadi Doumbouya.

 

« En avril dernier, j'ai écrit au gouvernement de la Guinée à propos de l'enlèvement, de la disparition forcée et de la torture à l'encontre d'Abdoul Sacko, et de la disparition forcée prolongée d'Oumar Sylla et de Mamadou Billo Bah. Je n'ai reçu aucune réponse », a regretté Mary Lawlor. Elle souligne qu’aucune enquête n’a été ouverte sur les allégations concernant Abdoul Sacko. Elle a également rappelé que le sort de Foniké Menguè et de Billo Bah reste inconnu à ce jour, alimentant les inquiétudes sur leur sécurité et les éventuels traitements inhumains qu’ils pourraient subir.

 

Dans ce document, les experts des Nations Unies expriment une profonde inquiétude face à la gravité des faits signalés, y compris des accusations de torture, de mauvais traitements et de disparitions forcées prolongées. Ils appellent instamment les autorités guinéennes à faire la lumière sur ces cas et à garantir la protection des défenseurs et défenseuses des droits humains dans le pays.