Togo: le premier pari réussi du CNCC pour « réveiller » la contestation de la 5ème République | Tournons la Page

2026-05-11

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Togo: le premier pari réussi du CNCC pour « réveiller » la contestation de la 5ème République

Ce samedi 9 mai 2026, le Cadre National de Concertation pour le Changement (CNCC), dont Tournons La Page Togo est membre, a effectué sa première sortie officielle à travers un meeting organisé sur le terrain d’Akassimé afin de contester l’instauration de la Ve République au Togo.

 

Une opposition frontale à la 5ème République

 

Le cœur des interventions est resté la dénonciation de la nouvelle Constitution. Pour le Professeur David Dosseh, ex coordinateur national de TLP-Togo et porte-parole du Front Citoyen Togo Debout (FCTD), cette 5ème République n'a d'autre but que la « monarchisation du pouvoir » et la perpétuation d'une dynastie. Les leaders présents, dont Jean-Pierre Fabre (ANC), Me Dodji Apevon (FDR), le Professeur Komi Wolou (PSR) et le jeune Benjamin Amouzouvi ont fustigé une gouvernance marquée, selon eux, par la corruption, l'état de déliquescence des services sociaux de base et un recul des libertés démocratiques.

Plusieurs sujets brûlants de l'actualité ont été passés en revue : l'arrestation de certains compatriotes dont Honoré Sitsopé Sokpor alias Affectio, membre de TLP-Togo, la nomination de militaires aux postes de préfets, ou encore la situation précaire de la jeunesse togolaise. Jean-Pierre Fabre a d'ailleurs profité de la tribune pour tourner en dérision certaines sorties récentes des membres du gouvernement sur la nouvelle Constitution.

 

L’heure de l’autocritique et de l’unité

 

L’un des moments forts de ce meeting a été l’appel à la cohésion interne. Tirant les leçons des échecs passés, les responsables du CNCC ont fait preuve d’une humilité inhabituelle. Ils ont exhorté les militants à cesser les critiques acerbes envers les leaders de l'opposition et, réciproquement, ont appelé les acteurs politiques à bannir les querelles intestines.

« Aucun opposant ne doit plus s'en prendre à son frère opposant. Si quelqu'un le fait, il affaiblit l'opposition et conforte le régime », a martelé le Professeur Komi Wolou. Dans une tonalité plus spirituelle, Me Dodji Apevon a également invité les Togolais à associer la prière à leur engagement politique, qualifiant la lutte actuelle de combat autant civique que moral.

 

Un message au régime : « Le peuple est encore debout »

 

Malgré le poids des années, la présence remarquée de Me Zeus Ajavon a souligné la dimension historique de ce rassemblement. Pour les organisateurs, le succès de ce meeting est la preuve que le désir de changement n’est pas éteint au Togo.

Il faut dire que l’incertitude planait avant ce rassemblement. Entre le sentiment de résignation qui semblait gagner une partie de la population et les récents changements constitutionnels, les leaders de l’opposition eux-mêmes avouaient une certaine appréhension. « Nous n'espérions pas qu'il y ait autant de monde », a reconnu le Professeur David Dosseh. Pourtant, le public, composé de militants convaincus et de nombreux citoyens, a répondu présent, bravant le soleil pour écouter les messages des figures de proue du CNCC.

 

En réussissant ce premier test à Akassimé, le CNCC espère avoir relancé une dynamique de mobilisation durable. « Le peuple togolais a démontré qu'il est encore debout, qu'il n'accepte pas », a conclu David Dosseh. Reste désormais à voir si cet élan pourra se transformer en un mouvement capable de peser sur l'avenir politique du pays.