Tournons La Page Niger
Elh Mahamane Ilia Dan MALAM
Arrêté.e le April 17, 2018 Libéré.e le Nov. 20, 2019
Après avoir dénoncé dans les médias les interdictions de manifestations pour la société civile et non pour les partis politiques, « s’il y a insécurité, c’est pour tout le monde », Elh Mahamane Ilia Dan MALAM dit Sadat, membre de TLP-Niger, est convoqué à la police de Zinder. Kadri May DAWA, président du PNDS-Tarayya, section de Zinder, avait alors porté plainte contre lui pour injure par voie de presse, délit dépénalisé depuis 2011. Connaissant cela, le procureur Chaibou MOUSSA a alors fait une requalification de la plainte en « complot contre la sûreté de l’État avec appel à mouvement insurrectionnel », devenant lui-même plaignant. Le 6 mai 2018, il est envoyé loin de sa famille dans la prison de Matameye (localité à 85km de Zinder), il y restera jusqu’au 20 novembre 2019, soit plus de 19 mois sans jugement alors que la durée maximale de détention préventive au Niger est de 12 mois. Sadat a été libéré pour vice de forme mais le procureur a fait un appel en cassation le 21 novembre 2019. Depuis, la procédure est toujours en cours et les charges continuent de peser sur lui. Le 23 septembre 2019, l’avocat de Sadat, envoie une requête à la Cour de justice de la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) pour porter plainte contre l’État du Niger pour violation des droits humains et demander la libération de son client et une juste réparation des préjudices subis. Le 22 juin 2021, la Cour condamne l’État nigérien « compte tenu de la gravité des droits violés et de leurs conséquences pour le requérant, [à payer à Sadat], à titre de réparation des préjudices immatériels qu’il a subis, le montant 50.000.000 (cinquante millions) FCFA » (environ 75 000€).