Tournons La Page Niger
Hima HAMANI
Arrêté.e le Dec. 10, 2021 Libéré.e le Dec. 13, 2021
Le 10 décembre, le monde célèbre la journée internationale des droits de l’homme. Ce jour, comme chaque année, Tournons La Page Niger organise une caravane de la démocratie : une dizaine de taxis remplis de membres de TLP-Niger sillonnent la ville de Niamey pour sensibiliser les citoyens sur le respect des droits fondamentaux et les bienfaits d’un système démocratique. Les cortèges sont une activité quotidienne au Niger, une forme courante de mobilisation sociale. On voit ainsi tous les jours passer des cortèges de mariage, d’enterrement, d’invitation à un évènement, de sensibilisation à une idée, de vente d’un produit… Le cortège n’est pas soumis à la loi sur les manifestations et aucune déclaration ne doit être déposée en amont. Seul un arrêté de la ville qui interdit les cortèges un jour en particulier peut empêcher que l’activité soit menée.
Mais ce jour-là, aucun arrêté n’avait été pris. La caravane est pourtant interceptée et 14 membres de TLP-Niger (dont des journalistes et taximans) sont arrêtés et amenés au commissariat central de Niamey. Au même moment, des policiers en civil arrêtent avec violence Mathieu POURCHIER, chargé de projet d’Agir ensemble pour les droits humains et chargé de Protection et de Plaidoyer de Tournons La Page alors qu’il circulait en moto ailleurs dans la ville. Dans la soirée, neuf membres de TLP-Niger sont libérés et les quatre restants - Armadan MOUSSA, Biliyaminou IDI, Moubarak HABOU, Hima HAMANI - ainsi que Mathieu POURCHIER sont placés en garde à vue au commissariat central pour « attroupement illégal ». Devant la gravité du symbole de cette arrestation en ce jour commémoratif, Clément Nyaletsossi VOULE, Rapporteur spécial des Nations unies sur le droit de réunion pacifique et d’association alors en mission dans le pays, est venu rencontrer les prisonniers dans leurs cellules. Ils resteront enfermés pendant 60 heures avant d’être mis en liberté provisoire au petit matin du 13 décembre 2021, suite notamment à une forte mobilisation internationale et nationale. Les charges à leur encontre seront abandonnées le 16 décembre 2021.