En juin 2024, il a déposé une plainte auprès de la CRIEF contre la société pétrolière suisse Addax & Oryx Group. Il a accusé l’entreprise ainsi que des proches du président Doumbouya de corruption dans le cadre de la négociation d’un contrat irrégulier portant sur l'approvisionnement de l'essence et du diesel ainsi que la fourniture du carburant toxique à la population guinéenne qui auraient mis en danger la santé publique et l'environnement. Par la suite, il a été averti par une source confidentielle que des agents de la Direction centrale des investigations judiciaires de la gendarmerie nationale (DCIJ-GN) prévoyaient de l’enlever, et un juge de la CRIEF l’a exhorté en privé à faire preuve de prudence. Alseny Farinta Camara a dès lors limité ses apparitions médiatiques et s’est plutôt préparé à marquer la Journée internationale Nelson Mandela le 18 juillet 2024 par un « marathon anti-corruption » qui symbolise la gouvernance du régime militaire du Général Mamadi Doumbouya. Le 17 juillet 2024, il a appris que deux de ses collègues du FNDC avaient été enlevés et soumis à une disparition forcée. Un officier de la Commissariat mobile d’intervention et de sécurité (CMIS) a averti Alseny Farinta Camara qu’il risquait lui-même d’être victime d’une disparition forcée s’il maintenait son projet. Il a alors annulé l’événement et a, à la place, adressé un mémorandum argumenté au président Doumbouya, demandant des comptes par rapport au contrat irrégulier d'approvisionnement de la Guinée en carburant et la fourniture du carburant toxique à la population guinéenne. Le 5 août 2024, plusieurs gendarmes armés ont mené une descente à son domicile familial. Celui-ci ne se trouvait pas sur les lieux au moment des faits. Ayant été informé de la descente et soupçonnant une tentative d’enlèvement, il a fui le même jour vers la Guinée-Bissau, où il a obtenu un permis de séjour temporaire. Le 26 novembre 2024, il a reçu une convocation du ministère de l’Intérieur de la Guinée-Bissau l’invitant à se présenter à une réunion le 2 décembre 2024. Craignant d’être arrêté arbitrairement, il a refusé et s’est enfui à Dakar, au Sénégal, sous surveillance.
Comment agir ?