Dès ses premiers engagements publics en juillet 2021, il a été confronté à différentes formes d’intimidation, notamment des menaces anonymes, des pressions administratives et des convocations émanant des autorités universitaires, accompagnées de menaces de sanctions disciplinaires.
Malgré ces pressions, il a poursuivi son engagement en faveur des intérêts matériels et moraux des élèves et étudiants togolais. Le 19 avril 2024, il a été convoqué devant le conseil de discipline de l’Université de Lomé à la suite de ses prises de position publiques contre la réforme constitutionnelle alors en cours au Togo. Cette convocation a finalement été annulée à la suite d’une mobilisation de ses camarades étudiants et aussi des défenseurs des droits humains.
Le 30 juin 2024, il a participé à un meeting de protestation organisé à Lomé par une coalition de partis politiques d’opposition et d’organisations de la société civile. À cette occasion, il a publiquement dénoncé les conditions de vie et d’études des élèves et étudiants togolais.
Dans la nuit suivant cette mobilisation, une trentaine de militaires cagoulés ont fait irruption au domicile de son père à Tchimouri, localité située à plus de 600 kilomètres de Lomé. Celui-ci a été arrêté sans motif légal, détenu pendant une dizaine de jours et soumis à des traitements inhumains, cruels et dégradants malgré son état de santé fragile. Aucune justification officielle n’a été donnée concernant cette arrestation ni les conditions de sa détention.
Le 06 juin 2025, Bertin BANDIANGOU a lui-même été arrêté pour avoir participé pacifiquement à une manifestation dénonçant la vie chère et l’internement psychiatrique forcé du rappeur engagé Aamron. Durant sa détention, il a subi des actes de torture et des traitements dégradants avant d’être libéré dans la nuit du 09 juin 2025.
Le 22 août 2025, alors qu’il se trouvait à Ouagadougou dans le cadre du 32ème congrès ordinaire de l’Union Générale des Étudiants Burkinabè (UGEB), une nouvelle vague d’arrestations a visé ses camarades militants et estudiantin au Togo. Sept de ses collaborateurs et proches ont été arrêtés et placés en détention, dont deux membres de la SEET.
Après le congrès de l’UGEB, Bertin BANDIANGOU est retourné discrètement à Lomé le 1er septembre 2025. Son absence du territoire togolais depuis le début du mois d’août avait temporairement limité l’attention portée à ses déplacements. Toutefois, le 03 septembre 2025, deux membres importants de son organisation, dont le Secrétaire Général de la SEET, ont été arrêtés.
Ayant rapidement été informé de ces arrestations et craignant une nouvelle interpellation arbitraire, il a quitté son domicile le même jour avant que des agents de renseignements ne placent sous surveillance permanente son domicile ainsi que ceux de plusieurs de ses proches.
Le 05 septembre 2025, il a réussi à quitter discrètement le territoire togolais pour se mettre en sécurité.
Depuis son départ du Togo, Bertin BANDIANGOU vit dans une situation d’errance et d’exil forcé à travers plusieurs pays africains. Cette situation s’accompagne d’une grande précarité économique liée à l’absence de revenus stables et de moyens de subsistance, ainsi que d’un profond épuisement physique et psychologique causé par l’instabilité permanente et les conséquences des violences subies.
Il demeure aujourd’hui dans une situation de vulnérabilité importante et vit dans une crainte constante pour sa sécurité physique. Cette inquiétude est renforcée par les mécanismes de coopération existant entre certains États de la sous-région et le risque d’être localisé, arrêté ou extradé vers le Togo en raison de son engagement militant et de ses prises de position publiques.
Au regard des persécutions, arrestations arbitraires, actes de torture, intimidations et menaces dont il a été victime, Bertin BANDIANGOU estime ne plus pouvoir retourner au Togo sans courir un risque sérieux pour sa liberté, sa sécurité et son intégrité physique.
Comment agir ?