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Présidentielle en Côte d'Ivoire: Rapport de monitoring citoyen de la communication de la CEI relative à la campagne, le vote et les résultats | Tournons la Page

2025-12-05

Présidentielle en Côte d'Ivoire: Rapport de monitoring citoyen de la communication de la CEI relative à la campagne, le vote et les résultats

Les dernières élections présidentielles en Côte d'Ivoire se sont déroulées le samedi 25 octobre 2025. Le président sortant, Alassane Ouattara du RHDP, a été réélu dès le premier tour. Il a remporté une victoire écrasante avec un score de 89,77% des voix selon les résultats confirmés par le Conseil constitutionnel le 4 novembre 2025. Le taux de participation a été relativement faible, s'élevant à un peu plus de 50% des électeurs inscrits (50,1%). Le scrutin a été marqué par l'absence des figures majeures de l'opposition, dont beaucoup ont été exclus de la course par le Conseil Constitutionnel pour diverses raisons (nationalité, parrainages, condamnations judiciaires). Des personnalités comme Tidjane Thiam, Laurent Gbagbo, Charles Blé Goudé, et Guillaume Soro étaient soit inéligibles, soit ont décidé de ne pas déposer leurs candidatures. Outre Alassane Ouattara, d'autres candidats ont concouru, mais avec des scores bien moindres Jean Louis Billon (Entrepreneur/ex-ministre) ex-transfuge du PDCI-RDA (Parti Démocratique de Côte d'Ivoire) 3,09 %, Simone Ehivet Gbagbo du Mouvement des Générations Capables (MGC) 2,42 %, Ahoua Don Mello (Candidat Indépendant) 1,97 % et Henriette Lagou du GPP (Génération Peuple et Paix) 1,15 %. Le Front commun de l'opposition (incluant des partis comme le PDCI et le PPACI) a dénoncé le processus électoral, le qualifiant de non légitime en raison de l'exclusion de candidats et d'un climat d'intimidation et de peur. Ils ont appelé à de nouvelles élections. En dépit de cette contestation, le vote s'est déroulé dans un calme relatif sur la majeure partie du territoire, un point salué par certains observateurs comme un progrès par rapport aux crises précédentes. Cependant, des incidents et heurts localisés ont été signalés dans certaines localités du sud et de l'ouest, entraînant des décès selon des sources officielles. Le mois d’octobre a été considéré par les acteurs politiques et les observateurs comme étant la dernière ligne droite du processus pour la présidentielle marqué notamment par les campagnes, le vote du 25 octobre 2025 et les résultats provisoires. La Commission Électorale Indépendante (CEI), organe chargé du scrutin, a multiplié les actions de communication durant ces trois périodes (les campagnes, le vote du 25 octobre 2025 et les résultats provisoires). Tournons La Page Côte d’Ivoire a réalisé un monitoring citoyen de la communication de la CEI durant ces trois périodes. L’analyse a porté sur les messages relatifs à la régulation de la campagne, l’opérationnalisation des activités administratives et logistiques liées au vote et la mise à disposition des Ivoiriens des résultats provisoires du scrutin. La période de l’observation s’étend du 10 au 27 octobre 2025.

Burundi: Analyse des crimes et abus commis par les Imbonerakure dans les provinces frontalières avec le Rwanda et la RDC | Tournons la Page

2025-11-21

Burundi: Analyse des crimes et abus commis par les Imbonerakure dans les provinces frontalières avec le Rwanda et la RDC

Depuis que le président Pierre Nkurunziza a décidé, en 2015, de briguer un troisième mandat en violation de la Constitution de 2005 qui était en vigueur et de l’Accord d’Arusha pour la paix et la réconciliation , le Burundi est devenu le théâtre de violations systématiques des droits de l’homme. Si les forces de défense et de sécurité -en particulier les services de renseignement- et les autorités administratives sont régulièrement citées comme responsables de ces violations, un autre acteur non étatique y joue également un rôle central : les Imbonerakure, membres de la ligue des jeunes du parti au pouvoir, le CNDD-FDD. Bien qu’ils soient officiellement présentés comme de simples militants ou comme un maillon de la « quadrilogie » regroupant les forces de l’ordre, l’administration, la justice et la population, les Imbonerakure, une ligue des jeunes du parti au pouvoir, le CNDD-FDD jouent en réalité un rôle actif dans la logique répressive du pouvoir. Toutefois, depuis la fermeture unilatérale des frontières entre le Burundi et le Rwanda et dans le contexte de la guerre en République Démocratique du Congo où les troupes burundaises ont été déployées en soutien au gouvernement congolais contre les rebelles du M23, les anciennes provinces burundaises frontalières avec ces deux pays- Kirundo, Ngozi, Kayanza, Cibitoke, Bubanza et Bujumbura sont devenues des zones de haute tension sécuritaire. En conséquence, les Imbonerakure ont vu leur rôle considérablement renforcé : contrôle social de la population, surveillance des frontières, participation à des opérations militaires ou paramilitaires, parfois au-delà des frontières nationales. Cette militarisation des Imbonerakure s’accompagne d’une recrudescence de violences, constitutives de violations massives et répétées des droits de l’homme, et qui restent globalement impunies avec la complicité des autorités administratives, judiciaires et sécuritaires.

Côte d'Ivoire: Rapport de monitoring citoyen de la communication institutionnelle de la Commission Électoral Indépendante relative au contentieux sur la liste électorale | Tournons la Page

2025-08-21

Côte d'Ivoire: Rapport de monitoring citoyen de la communication institutionnelle de la Commission Électoral Indépendante relative au contentieux sur la liste électorale

La gestion du contentieux sur la liste électorale est l’une des activités phare du processus électoral et de la Commission électorale indépendante (CEI). Il s’agit d’un moment pendant lequel la commission en charge de l’organisation des élections se doit de communiquer réellement pour mieux informer les populations. En dépit de son actualité assez riche durant cette période, le monitoring nous a permis de constater que la Commission électorale indépendante n’a pas adopté une opération de communication constante à travers les canaux et supports monitorés. La stratégie de communication a manqué de proactivité et d’interaction avec les Ivoiriens notamment sur les réseaux sociaux. La durée d’intervention des responsables de la CEI dans les éditions du journal télé et radio a oscillé entre 15 et 30 secondes en moyenne. Ce monitoring citoyen nous a permis de constater également un relâchement au niveau de la communication de la CEI. En effet, d’un pique de contenus élevé lors de l’ouverture du contentieux, nous avons assisté à une baisse au niveau de la régularité des publications sur les réseaux sociaux, des articles, des reportages et des annonces dans les langues locales. L’information visant à orienter les citoyens vers de bonnes prises de décision a été très peu présente dans les journaux, la presse en ligne, les réseaux sociaux et même sur le site institutionnel de la commission. La couverture médiatique sur le contentieux électoral était très limitée. Seules les phases de lancement et de fin d’opération ont fait l’objet d’un matraquage médiatique. Durant toute la période du contentieux, les moniteurs ont fait ressortir des moments de vide informationnel au niveau de la communication sur le processus. Durant des jours entiers (période du 23 Avril au 1er juin) – perlés sur la période du monitoring – ni les journaux, ni la presse en ligne ni la CEI elle-même sur les réseaux sociaux n’ont fait de publication. Or ce n’est pas l’actualité qui a manqué. Rien que les opérations de gestion quotidienne du contentieux dans les différents départements et régions constituent un flux discontinu d’informations qui aurait pu, par exemple, alimenter le fil d’actualité sur les réseaux sociaux en textes, vidéos et images. En ce qui concerne la visibilité de l’information, l’actualité du contentieux ainsi que la communication de la CEI ont très peu occupés la une des quotidiens. Elles étaient reléguées aux pages intérieures au même titre que l’essentiel des encarts publicitaires informatifs de la CEI en lien avec le contentieux. L’accès à la publicité n’était pas mieux réparti entre les organes. L’équipe de moniteurs a également noté avec inquiétude des moments de vide informationnel. Des jours entiers dans le calendrier éditorial des organes de presse pendant lesquels aucune information n’était disponible sur le contentieux ; une situation préoccupante, tant du côté des médias que de la CEI. Cette situation a contribué à nourrir des rumeurs et une méfiance accrue des citoyens.

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