lun. 21 sept. 2026
Tribune
Togo-Constitution de 1992: il faut dire la vérité politique jusqu’au bout
Depuis 2017, le peuple togolais entend les mêmes promesses, les mêmes reformulations, les mêmes habillages. Mais la vérité reste intacte : sans retour à la Constitution de 1992, il n’y aura pas de sortie de crise crédible. Tout le reste n’est que diversion, aménagement de façade ou tentative de prolonger un système que beaucoup contestent depuis trop longtemps.
En 2017, la bataille du PNP a brisé le silence. Elle a rappelé que le problème togolais n’était pas un simple désaccord entre acteurs politiques, mais une question de légitimité. Le pays ne pouvait pas continuer à avancer avec un ordre institutionnel perçu par une large partie des citoyens comme verrouillé, confisqué et déconnecté des attentes populaires.
En 2018, Togo Debout a pris le relais avec un document de sortie de crise qui avait le mérite de poser les termes du débat sans détour. Le message était clair : on ne répare pas une crise politique profonde avec des demi-mesures. On ne restaure pas la confiance avec des artifices. On ne construit pas l’avenir sur l’effacement des revendications fondamentales.
Les plaidoyers de Synergie-Togo ont ensuite confirmé une évidence que certains continuent d’ignorer : la crise togolaise n’est pas seulement institutionnelle. Elle est historique, morale et démocratique. Elle parle du rapport entre l’État et les citoyens. Elle parle du droit du peuple à choisir, à alterner, à contrôler, à sanctionner. Elle parle d’un contrat national qui a été trop longtemps fragilisé.
Aujourd’hui, le CNCC et sa charte viennent donner une nouvelle forme à cette exigence. Mais là encore, la clarté est indispensable. Il ne s’agit pas de brandir des sigles pour masquer l’essentiel. Il s’agit de construire un front lisible, cohérent et déterminé autour d’une seule ligne politique : le retour à la Constitution du 14 octobre 1992 comme base d’une véritable refondation nationale.
Il faut le dire sans détour : la Ve République n’a pas éteint la crise. Elle l’a ravivée dans les esprits, parce qu’elle est perçue par beaucoup comme une nouvelle étape de la confiscation du débat démocratique. Quand une réforme constitutionnelle produit plus de méfiance que de confiance, plus de confusion que de clarté, plus de rejet que d’adhésion, alors il faut avoir le courage de reconnaître qu’elle ne répond pas au besoin du pays.
Ce combat n’est pas celui d’un camp contre un autre. C’est celui d’une résistance qui exige une transition politique profonde, fidèle aux aspirations de souveraineté du Togo et de l’Afrique, et fondée sur l’alternance, la dignité démocratique et la souveraineté populaire.